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SOUBRÉ : Le barrage est prêt !

Publié le Mardi 31 Octobre 2017 | LE PATRIOTE

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Aménagement hydroéléctrique de Soubré ou barrage de Soubré. C’est le projet le plus emblématique de l’ère Alassane Ouattara, avec un financement de 331 milliards FCFA. A savoir 85% pour Eximbank Chine et 15% pour la Côte d’Ivoire. Le barrage de Soubré, d’une puissance installée de 275 MW et dont le lancement des travaux a eu lieu le 25 février 2013, sera inauguré le 02 novembre prochain par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Et cela, pratiquement une année avant sa date officielle de livraison. Le 06 mars 2016, jour de la mise en eau du barrage de Soubré, avait consacré la fin des travaux du génie civil. Et le 30 juin marquait la mise en service par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, de la première turbine des trois groupes électrogènes composant l’ouvrage.

Objectif du barrage

En aval du barrage de Buyo, à 350 km d’Abidjan et à 120 km de l’estuaire, le barrage de Soubré, dans la Région de la Nawa, dans le département de Soubré, est de loin le plus puissant de tous les barrages de Côte d’Ivoire. Quand on se réfère à Ayamé 1 (20 MW), construit en 1959 ; Ayamé 2 (30 MW), construit en 1965 ; Kossou (100 MW), construit en 1972 ; Taabo (210 MW), construit en 1979 ; Buyo (165 MW) construit en 1980 et Fayé (5 MW), construit en 1984. Le projet de Soubré va favoriser une puissance énergétique acceptable ; un productible suffisant ; réduire les impacts sur l’environnement dans toutes ses composantes. Il ressort des informations recueillies auprès de CI-ENERGIES, que c’est pour faire face aux défis d’aujourd’hui et de demain que la Côte d’Ivoire a élaboré une politique énergétique à la fois ambitieuse et responsable, capable d’assurer son développement et en adéquation avec les contraintes climatiques. Cet important ouvrage structurant du secteur électrique ivoirien, a pour ambition de mettre en valeur le potentiel hydraulique du fleuve Sassandra. C’est même le second sur cet important fleuve de la Côte d’Ivoire.

Il devrait permettre de relever le niveau de l’hydroélectricité en Côte d’Ivoire, de rééquilibrer le mix énergétique, et de faire face, à moindre coût, à l’évolution croissante de la consommation nationale d’énergie électrique. Ces travaux du barrage de Soubré sont l’aboutissement d’un vieux rêve qui a commencé il y a 57 ans. Tout au long des péripéties de sa gestation, la Côte d’Ivoire a mis un point d’honneur à y prendre part activement. Lors de la phase de construction qui s’achève, les ingénieurs et techniciens ivoiriens de CI Energies, il faut le souligner, ont été au cœur de cette œuvre historique. Selon CI-Energies, la puissance installée du parc de production hydroélectrique sans Soubré est de 604 MW quand la puissance hydroélectrique en service est de 784 MW pour une puissance installée du réseau électrique ivoirien à fin octobre 2017 qui sera estimée à 2200 MW. A la fin des travaux de Soubré, la Côte d’Ivoire aura 40% de puissance d’origine hydroélectrique dans son parc.

Les retombées pour la Côte d’Ivoire

La construction de ce barrage a permis un transfert de compétence technique au profit des ingénieurs et techniciens dans les domaines des barrages, des lignes Haute tension et des postes. CI-ENERGIES dispose aujourd’hui d’équipes d’ingénieurs compétents dans les principaux domaines: géotechnique des barrages ; hydromécanique et électrotechnique mécanique ; montage des groupes hydrauliques. Ce projet a été l’occasion pour les ingénieurs et techniciens de cette structure, de participer de façon pratique à la réalisation des ouvrages d’un barrage. La construction du dernier barrage en Côte d’Ivoire remonte à 1982, à Buyo. Cette expérience est tout à fait différente de celle de l’exploitation des ouvrages qui est entièrement réalisée par les ivoiriens dans les aménagements existants. Il a été également mis en place une équipe qui sera chargée d’exploiter la centrale de Soubré. Composée d’une quarantaine de personne, cette équipe a été intégrée aux travaux de montage et de construction pour bien maitriser la technologie mise en œuvre. Durant les travaux, le Bnetd a aussi démontré sa capacité à conduire avec brio les études d’impacts environnementale et sociale. Les entreprises ivoi- riennes ont réalisé toutes les missions qui leurs ont été confiées, qu’il s’agisse de la construction des cités, de la voirie, ou des travaux de génie civil au niveau de l’évacuateur de crues. En plus, tout le ciment utilisé a été produit en Côte d’Ivoire.

Au plan économique et diplomatique

La construction du barrage de Soubré va contribuer à une augmentation de la puissance installée du réseau ivoirien de 275 MW. La faisant passer de 1391 en 2011 à 2200 MW à fin 2017. En prime le renforcement du Mix énergétique, c’est-à-dire la part de l’hydroélectricité dans la production nationale d’énergie. A cela s’ajoute le développement du potentiel économique local à travers la pêche, l’agriculture, la création de nouvelles activités génératrices de revenus, la reconstruction et l’équipement des villages impactés, etc. Au plan diplomatique, la Côte d’Ivoire a renforcé, à travers ce projet, la coopération avec la Chine qui est aujourd’hui la deuxième puissance économique du monde et l’un des tous premiers investisseurs au monde et particulièrement en Afrique. Ce partenariat gagnant-gagnant entre les parties ivoirienne et chinoise, facilite par la réussite du projet, la collaboration future pour la construction des autres barrages sur le Sassandra (Gribo Popoli, Boutoubré et Louga).

Un exemple de coopération réussie

Au terme de la construction de ce barrage, tous les observateurs sont d’avis que les engagements ont été tenus par toutes les parties. L’Etat de Côte d’Ivoire a assuré à chaque étape du projet sa part de financement. Il a déroulée sans accrocs quand bien même plus de 600 ouvriers chinois étaient présents sur le site de Soubré, à certaines étapes du projet.

Un barrage à visage humain

Le dédommagement des populations impactées par le barrage de Soubré est une véritable réussite. Les villages déplacés à l’effet de mettre en route ce projet, sont devenus de véritables cités modernes avec des maisons de plusieurs pièces (salon, cuisine, chambres, salle d’eau, cour). Non seulement les habitants bénéficient de bâtisses modernes, d’eau courante, d’électricité, ce qui n’était pas le cas auparavant, mais aussi, ces producteurs sont en train d’être convenablement dédommagés après la destruction de leurs plantations ou l’occupation de leurs terres. Dans le cadre de la politique d’indemnisation, l’hectare qui au départ était facturé à 250 000 FCFA, a été revue à la hausse sur instruction du président Alassane Ouattara. Il est passé de 1 à 4 millions FCFA par hectare pour les propriétaires terriens.Ainsi des paysans ont pu obtenir 50 millions FCFA, 100 millions FCFA voire plus. En tout cas, ce ne sont pas les populations des villages de Kouamékro, Kpéhiri et Kopéragui qui diront le contraire. Des villages qui n’ont pas été impactés par la construction du barrage faisaient même des pieds et des mains pour être éligibles au projet alors qu’ils n’étaient pas sur l’axe de l’ouvrage. Tant l’indemnisation avait été bien faite. Par ailleurs, selon les chiffres en notre possession, le barrage de Soubré a généré 5000 emplois directs et indirects, un regain de l'activité économique avec le développement des commerces et services, de l'hôtellerie, l'amélioration du réseau routier et de l'éclairage public. En tout cas, avec l’avènement de ce barrage, la Côte d’Ivoire a décidé de relancer les projets hydroélectriques pour deux raisons. D’une part, exploiter son potentiel hydroélectrique pour amoindrir les coûts de production. Et d’autre part, répondre aux défis de la transition énergétique en équilibrant son mix énergétique pour le rendre moins dépendant d’une seule source et pour répondre aux contraintes de préservation de l’environnement. Le barrage de Soubré, un rêve qui a commencé en 1962 pour se concrétiser en 2017 grâce à Alassane Ouattara.

JEAN-ERIC ADINGRA